Carnet de vies
Prendre en compte et relayer les réalités vécues par les personnes concernées
En collaboration avec le Collectif 17 octobre, la Maraude a participé à l’élaboration d’un « carnet de vies ». Cet ouvrage réunit le travail de femmes et d’hommes vivant la grande pauvreté au quotidien. Il a été réalisé dans le but de lutter contre la maltraitance sociale et institutionnelle.
Collectif 17 octobre
Chaque 17 octobre est célébrée la Journée mondiale du refus de la misère.
A Genève, le « Collectif 17 octobre » réunit plusieurs associations, mouvements sociaux et personnes concernées par la pauvreté. L’objectif principal du collectif est de faire entendre la voix des personnes en situation de précarité, de sensibiliser le public aux réalités de la pauvreté à Genève et de promouvoir le respect des droits humains et sociaux.
Brochure « carnet de vies »
En collaboration avec le Collectif 17 octobre, la Maraude a participé à l’élaboration d’un « carnet de vies ». Cet ouvrage réunit le travail de femmes et d’hommes vivant la grande pauvreté au quotidien. Il a été réalisé dans le but de lutter contre la maltraitance sociale et institutionnelle.
Les personnes directement concernées par la thématique prennent la parole en tant qu’expertes, font part des réalités vécues et bien trop méconnues. Elles proposent également leurs réflexions quant à leurs besoins, souhaits et pistes d’amélioration. Elles se sont exposées et personnellement impliquées avec la ferme volonté de créer des ponts avec le reste de la population et les institutions, de favoriser la rencontre et l’échange, et ainsi être en mesure de construire ensemble.
Extraits du Carnet de vies
“J’ai fait un apprentissage comme mécanicien auto, j’ai travaillé pendant des années. Mais entre un divorce difficile, des dettes, et un burn-out, j’ai commencé à perdre pied. J’ai glissé doucement dans la rue. (…) Franchement, je ne sais pas trop pourquoi j’ai accepté de témoigner au début. Peut-être parce qu’on ne nous donne jamais la parole. Peut-être parce qu’à force d’être invisible, on finit par vouloir juste exister quelque part. Je n’ai pas de famille, pas de toit, mais j’ai encore une voix. Et si ça peut aider à ce qu’on regarde les gens comme moi autrement, ben… tant mieux.”
Témoignage anonyme
“Je suis dehors, alors je suis en danger. Je me fais parfois voler mes affaires pendant que je dors. On m’a volé ma banane avec mes papiers d’identité, tout. C’est aussi possible que des personnes viennent me poignarder quand je dors dehors.”
Ali Tali
“Mon besoin principal, c’est un toit. Un endroit stable où je peux poser mes affaires, me reposer, respirer. De là, peut-être que je pourrais penser à arrêter de consommer.”
Témoignage anonyme
“J’aimerais aussi dire aux gens que personne ne choisit la rue. Personne ne rêve de fumer du crack pour vivre.”
Témoignage anonyme
“Mes enfants vont à l’école en ayant dormi dans la rue, sans s’être douchés, avec des habits sales et sans avoir mangé un petit déjeuner. Ils sont courageux, car c’est vraiment difficile pour eux. (…) Ils sont forts, mais ils ne devraient pas vivre ça.”
Helena
“Si je devais proposer des choses concrètes pour améliorer la situation, ça serait déjà ouvrir des espaces de parole comme celui-ci, pour qu’on soit écoutés. (…) Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’on vit.”
Houssem